Il semblerait qu’il n’y ait pas un « Expressionnisme », mais des « Expressionnismes », souvent considéré comme un mouvement d’origine germanique, c’est cependant en France qu’il débuta, suivit par l’Allemagne. Le critique Vauxcelles le premier employa ce mot en 1908 et Matisse un temps chef de file du mouvement « fauve » le revendiquait :
« Ce que je poursuis avant tout, c’est l’expression… » disait -il.
C’est à Berlin que ce tint la première exposition dite « Expressionniste » en 1911, onze peintres dans une salle séparée confrontaient leurs travaux :
Manguin, Derain, Marquet, Puy, Friesz, Van Dongen, Vlaminck, Braque, tous issus du « Fauvisme » également Herbin, doucet et Picasso d’avant l’aventure « cubiste » ainsi ne figurait à cette exposition aucune œuvre « cubiste » ou « fauve », aussi ce terme jusqu’en 1912 désigna-il le travail d’artistes peintres Français.
En 1914, paraît le livre de Paul Fechter, journaliste « Der Expressionnismus », pour la première fois ce terme est donné aux artistes allemands du mouvement « Die Brüche » et « Blaue Reiter », ainsi il est d’usage de dire que ce mouvement est né en Allemagne. Selon Fechter, l’expressionnisme est l’anti-thèse de l’impressionnisme qui décrit une certaine réalité physique. Il s’agit de la défense de l’intuition, du sentiment, contre le travail bien fait et l’intellect ; de ce que ressent l’artiste de ses états d’âme, sa principale caractéristique serait de faire retrouver à celui qui regarde ces œuvres, une émotion première, dépeindre avant tout l’inquiétude, les souffrances de l’être humain et le mal de vivre.
Nombreux sont les artistes qui de nos jours encore font référence aux artistes de ce mouvement et les filiations sont nombreuses.
Hodler, les artistes du jugendstil, Klimt, Klee, Toulouse-Lautrec, Cézanne, Otto dix, Kandinsky, Kirchner, Kokoschka, Marc, Schiele, Jawlensky… les arts primitifs
Gauguin pour : (sa fuite en Océanie et son côté anarchiste : « montrer une harmonie expressive » de lignes de couleurs… » Ne peignez pas d’après nature, l’art est une expression »).
Van Gogh pour : ( Sa passion pour les sujets humbles, sa folie, sa touche gestuelle « … Peindre l’effet sur moi de la Provence…)
James Ensor, évidemment Munch pour leur vie « d’artistes maudits », traduire et représenter les sentiments
Munch : « On ne peut pas peindre éternellement des femmes qui tricotent et des hommes qui lisent ; je veux représenter des êtres qui respirent, sentent, aiment et souffrent. Le spectateur doit prendre conscience de ce qu’il y a de sacré en eux, de sorte qu’il se découvrira devant eux, comme à l’église »
Déformer la réalité pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle. Les représentations sont souvent fondées sur des visions angoissantes, la réalité est stylisée, déformée pour atteindre la plus grande intensité expressive. L’expressionnisme serait-ce à quoi les artistes s’opposent et ce qui les rejette, représentés pour la plupart d’entre eux à l’exposition d’ »art dégénéré » qu’organisèrent les nazis en 1937, leurs œuvres confisquées, souvent détruites
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