TURNER

TURNER
"San Giorgio Maggiore at Dawn" (Image libre de droit extraite de "Web Gallery Of Art")

Edvard MUNCH (12 décembre 1863 à Loten - 23 janvier 1944 Ekely près d’Oslo)

MUNCH (On prononce :« Munk »)

« Toute ma vie s’est déroulée moitié dans les rêves, moitié dans la réalité. Les gens l’ont bien compris qui ont enfoncé leurs crocs de fauves dans mes chairs sans défense alors que mon âme était en voyage


L’un des peintres les plus célèbres dans le monde, manifestement le peintre Norvégien le plus important, considéré comme le pionnier du mouvement "Expressionniste" dans la peinture moderne.

Dès son jeune âge, Munch est confronté à la maladie, la mort, à la privation, aux besoins. Son désir de peindre va se nourrir de ses souvenirs d’angoisse, d’images tourmentées, de solitude et de vide.
Son travail se caractérise le plus souvent par une thématique morbide que lie angoisse, mort et sexualité.
Son œuvre contient sans pudeur ses émotions et ses états d’âme, se nourrissant de sa propre expérience, sujets et thèmes relevant totalement du privé
Il dramatise ses tableaux, utilisant jusqu’à la fin de sa vie le procédé du 1er plan très frontalisé, qui se découpe sur un arrière-plan perspectif, une disposition spatiale qui aura pour conséquence de supprimer l’illusion de la profondeur. Il peint en de larges lignes colorées entourant des aplats et divisant les surfaces en traînées de couleurs, brouillant ainsi l’articulation du plan, sa limite.
C’est au contact des peintures d’artistes Français que son expressionnisme va émerger après qu’il eut découvert l’école pointilliste, la peinture de Van Gogh, de Toulouse-lautrec, Gauguin…
Il pensait qu’une œuvre d’art, pour être une expression artistique authentique devait contenir les idées de son époque
En 1913 il peindra ainsi « Les ouvriers rentrant chez eux »
Des hommes fatigués avançant comme dans un film, pour Edvard Munch, il fallait:
"ne jamais cesser de donner un sens à l’art, à l’existence".
Son œuvre est aujourd'hui reconnue en Europe et dans le monde. Les œuvres les plus connues sont celles des années 1890, notamment :
-Le Cri.

"J’entends le cri de la nature, angoisse, puberté…

Le Cri est souvent considéré comme la première toile Expressionniste. Une peinture de l'âme,chère à l'artiste. L'expression repose avant tout sur le choix des couleurs et le tracé des lignes. La scène ­ en particulier le personnage principal ­ est caricaturé de façon grotesque et rendu dans une gamme chromatique, née de "l'enfer intérieur" de Munch, le tableau manifeste un visage désespéré, angoissé. L'impact visuel reste toujours inaltéré et parle au coeur de l'homme encore de nos jours.

Les Munch : une famille de cinq enfants, dont Edvard.
Le père : Christian Munch est médecin militaire, très croyant aux revenus modestes, est le frère de l’historien Peter Andreas Munch.
La mère d’Edvard meurt de la tuberculose alors qu’il n’a que cinq ans, puis il perd sa sœur aînée Sophie de la phtisie, une plus jeune sœur souffre de dépression et son frère Andreas, meurt quelque temps après son mariage.
Durant toute sa vie, Munch se révèle un dessinateur infatigable. Avec l’accord de son père il prend la décision d’abandonner des études d’ingénieur pour devenir peintre et étudiera les œuvres des Maîtres anciens. Il suivra également un cours de modèle vivant à l’école Royale de dessin, sous la direction de Christian Krohg, grand naturaliste de l’époque.
-1864 la famille s’installe à Christiana

-Deuxième moitié des années 1880 : Jæger et son cercle d'anarchistes radicaux marque un tournant décisif dans la vie de Munch et sera la source d'une mutation, d’un conflit interne.
À cette époque commence sa vaste production dite de :
« Biographique littéraire », qu'il va reprendre à plusieurs moments de son existence. Ces premiers dessins fonctionnent comme des « consultations ». En accord avec les idées de Jæger, il va retranscrire par une capture la plus proche et la plus fidèle possible, les affres et les ennuis de la vie moderne :
Il veut « peindre sa propre vie ».
-En 1885, Il effectue un court séjour à Paris, entreprend un tableau :
« l’enfant malade » (s’inspirant de la maladie de sa sœur Sophie), il essaie ainsi de transcrire une expérience personnelle douloureuse, il opte alors une composition plastique proche de l’icône, mais la critique n’adhérera pas à cette représentation.

"J’ai commencé comme impressionniste, mais lorsque les tourmentes violentes et les vicissitudes de l’époque de la bohême arrivèrent, l’impressionnisme ne m’a plus suffit. Je dus essayer de traduire ce qui agitait mon esprit »

Les années suivantes il interprète des ambiances plus lyriques comme :
-En 1889« Inger à la plage » où il représente un littoral très sinueux que l’on retrouve dans d’autres de ses compositions, également des portraits dont celui d’Hans Jaeger.
-Automne 1889 l’État va lui accorder une bourse d’artiste pour trois ans c’est également à cette période que ses œuvres sont présentées à l’occasion d’une grande exposition à Christiana.
Il va devenir pour un temps l’élève de Léon Bonnat à Paris où il étudia les Impressionnistes français. Il va apprendre la mort de son père peu après son arrivée à Paris.

-En 1890 « Nuit » est souvent interprété comme une illustration de sa mélancolie de cette époque, il y dépeint un intérieur sombre, une figure à la fenêtre, des tons de bleu dominent, une peinture presque monochrome rappelant les teintes nocturnes de James Whistler.

-1891 à Christiana, Munch peint des tableaux où dominent des grandes lignes courbes avec des zones de couleurs homogènes, son style est simplifié, on peut y voir l’influence d’un Paul Gauguin et des « Symbolistes » Français de l’époque. C’est à cette période qu’il peint « le Cri » ainsi qu’une série de tableaux dans un style à la fois, « Impressionniste » et « Pointilliste ».

-1892 à l’automne, il présente lors d’une exposition ses œuvres d’inspiration Française, le « Club d’Art de Berlin » (Berlier Kunstverein) va alors s’intéresser à son travail et exposer ces mêmes œuvres.
55 œuvres seront présentées et elles provoquèrent un véritable soulèvement dans le monde l’art, cette exposition sera très mal reçue et sera perçue comme une provocation anarchiste. Les artistes académiciens Berlinois obtinrent de force la fermeture de l’exposition taxant Munch d’handicapé mental. Naît alors un mouvement d’opposition : la « Berliner Sezession »
« L’affaire Munch » allait faire de cet artiste un symbole dans l’ensemble du monde germanique, malgré cette véritable révolution qu’il déclencha, Munch décida de rester à Berlin et entre alors dans un cercle de, littéraires et d’intellectuels, où les artistes Scandinaves y sont fortement représentés :
Le dramaturge August Strindberg, le sculpteur Norvégien Gustav Vigeland, le poète Polonais Stanislaw Przybyszewski, l'écrivain Danois Holger Drachmann et l'historien de l'art allemand Julius Meier-Gräfe. On y discute, philosophie, de Nietzsche ainsi que d'occultisme, de psychologie et des côtés sombres de la sexualité.

« Je marchais sur la route avec deux amis, le soleil se couchait, je sentis comme une bouffée de mélancolie. Le ciel devint soudain rouge sang, je m’arrêtai, m’appuyai contre le parapet, mortellement fatigué. Je vis les nuages flambants comme du sang et une épée. La mer et la ville d’un noir bleuâtre. Mes amis continuèrent à marcher. Moi je restai- là, tremblant d’angoisse, et je sentis comme un grand cri interminable qui passait dans la nature. »

-1893 : « Le Cri » (Skrik) probablement son œuvre la plus connue. Comme dans le cas de beaucoup de ses œuvres, il en a peint plusieurs versions.
(« Le Cri » et « La Madone » ont été volés le 22 août 2004 au musée Munch d'Oslo. Ils ont été récupérés dans des circonstances non connues en août 2006 en Norvège. Les deux œuvres ensemble sont estimées à 100 millions de dollars).
-Le Cri est une pièce de la série « la Vie », que Munch a assemblée au tournant du siècle ; il y traite d'une manière récurrente des thèmes de la vie, de l'amour, de la peur et de la mort.
En décembre de la même année, Munch expose sur l’avenue Unter den Linden, où il présente six peintures qu’il nomme :
« Étude », Il s’agit d’une série sur « l’Amour », ces peintures vont marquer ainsi le début d’un cycle : « la frise de la vie » (Lebensfries) en quelque sorte un poème sur la vie, l’amour, la mort : « la tempête », »Clair de lune », Nuit étoilée »… Ces toiles où l’on retrouve l’influence du peintre germano-suisse ; Arnold Böcklin. Plusieurs toiles ont pour thème la mort dont :
« La mort dans la chambre de la malade », des couleurs crues, blafardes, une scène figée qui rappelle la mort de sa sœur Sophie où toute la famille est présente, la mourante est assise dans un fauteuil vu de dos, Munch lui-même y est présent.
Il peint : « La peur », « Cendres », « Madone », « Sphinx », « les trois âges de la femme »…

-1894 Przybyszewski réalise une première publication de l’œuvre de Munch qu’il va qualifier de « Réalisme psychique ».

-1895 « Jalousie »

-1896 Munch quitte Berlin pour se rendre à Paris, y séjournent également Strindberg et Meier-Gräfe, le dessin, la gravure (eau-forte, lithographie) l’occupe de plus en plus aux dépens de la peinture. En collaboration avec Auguste Clot, imprimeur, il va réaliser des lithographies en couleurs ainsi que sa première gravure sur bois. Un projet qu’il réalisera : « Miroir » fera de lui, un Classique des arts graphiques. Il va réaliser des affiches pour des programmes des pièces d’Ibsen pour le théâtre de l’œuvre ainsi que l’illustration des « fleurs du mal » de Baudelaire.
-En juin 1896, A. Strindberg concernant l’exposition : la « Revue Blanche »:
« Cri, Cri d’épouvante devant la nature rougissant de colère et qui se prépare à parler pour la tempête et le tonnerre aux petits étourdis s’imaginant être dieux sans en avoir l’air »

-1898 « Le Baiser ».
Il rentre en Norvège et réalise à cette époque, des illustrations pour une édition spéciale du journal Allemand « Quickborn » avec des textes d’August Strindberg.
Il tente de terminer son oeuvre « la Belle Époque », phase ininterrompue d’expérimentations.
Il peint une série de nouveaux tableaux, certains dans de grands formats d’inspiration « Jugendstill ». Un grand tableau « Métabolisme » pour lequel il réalise un cadre en bois avec des reliefs sculptés, auquel il donnera dans un premier temps le nom de « Adam et Ève » occupera la place centrale du mythe du péché originel selon la philosophie pessimiste de l’amour de Munch.

-1899 «Mélancolie », « la danse de la vie », puis une série du fjord de Christiana, des études délicates et décoratives sur la nature, évoquant le « symbolisme » nordique.

-1900, deux œuvres : « la croix vide » et « Golgotha » reflètent une orientation métaphysique et font écho à la jeunesse de Munch élevé dans un milieu très religieux.

-1902 : Exposition à la Sécession à Berlin où il présente « la belle Époque » enfin terminée. Cette exposition sera suivie d’une exposition à Prague où il influencera de nombreux artistes Tchèques et des portraits souvent en pied vont prendre une place de plus importante dans l’œuvre de Munch, un portrait de groupe :
« Les quatre fils du Docteur Max Linde »
-De 1909 et jusqu'à la fin, de ses jours, Munch va résider en Norvège. Il s'installe à Kragerø, petite ville de la côte sud de ce pays. Il y peint plusieurs toiles de facture classique avec des paysages d'hiver, Munch participe alors à un concours pour la décoration du grand auditoire de la nouvelle université d’Oslo, il finit par s’établir à Kragerö, petit coin idyllique dans le fjord d’Oslo. Il ne remporte cependant pas le concours et le jury finit par mettre sur pied un second concours entre Munch et son principal rival Vigeland, le projet couvrait la totalité de la décoration du grand auditoire, finalement après maintes tergiversations du jury, ce fut Munch qui remporta le projet.
-En 1912, une exposition lui est consacrée au Sonderbund de Cologne, Munch se voit reconnaître comme l'un des pionniers de l'art moderne. À Kragerø, il se fait construire de grands ateliers en plein air où il travaille plusieurs années de suite au projet de décoration de l'Aula.
-En mars 1916 eut lieu l’inauguration solennelle, et cette oeuvre sera installée dans un bâtiment de l’université

-De 1930 à 1940, les Nazis jugeant son art de : « dégénéré » ils vont retirer tous ses tableaux des musées allemands. Munch est un antifasciste, il considérait l’Allemagne comme une seconde patrie.

« Je ne peins pas ce que je vois mais ce que j’ai vu »

Il léguera environ un millier de ses tableaux 4500 dessins et aquarelles, six sculptures à la ville d’Oslo qui construira en son honneur le musée Munch à Toyen.
On peut voir son effigie sur les billets Norvégiens de 1000 Krone

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